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Élections • Diaspora — Combat électoral

Jerry Tardieu en croisade pour que le vote de la diaspora haïtienne compte enfin

Par Wisner LaguerreSpécialiste en Relations internationales et Études diplomatiques 6 septembre 2026 6 min de lecture
Jerry Tardieu porte la campagne « Vòt Diaspora a Dwe Konte » (En Avant), diffusée le 6 septembre 2026 : « Tout se Ayisyen, nou tout gen dwa vote. »

Le 6 septembre 2026, Jerry Tardieu a lancé sur ses réseaux la campagne « Vòt Diaspora a Dwe Konte » (« Le vote de la diaspora doit compter »), sous la bannière de son parti En Avant. Le message est clair, et il n'est pas nouveau chez lui : il faut que le vote de la diaspora haïtienne compte enfin, réellement, dans les prochaines élections — et non plus seulement sur le papier.

Car sur le papier, précisément, ce droit existe déjà. Le décret électoral en vigueur reconnaît la participation de la diaspora comme un fondement de la modernisation du processus, et prévoit explicitement que les Haïtiens de l'étranger votent à la présidentielle, à charge pour un arrêté ministériel de fixer les lieux et modalités de ce vote. Mais à l'heure où ce message circulait, aucun arrêté de ce type n'avait encore été publié, et aucun centre d'inscription dédié à la diaspora n'avait été installé dans les pays d'accueil.

Le calendrier, lui, n'attend pas. Les inscriptions sur la liste électorale doivent se clôturer le 13 octobre 2026, avant un premier tour prévu le 13 décembre 2026 — présidentielle, législatives et référendum constitutionnel réunis — puis un second tour le 21 février 2027. Des démarches ont bien été engagées ces dernières semaines pour explorer la mise en œuvre concrète du vote à l'étranger, mais, à moins de six semaines de la clôture des inscriptions, le fossé entre l'intention affichée et les mécanismes réellement opérationnels reste, pour la diaspora, une source d'inquiétude légitime.

C'est précisément ce fossé que Jerry Tardieu s'attache à combler depuis des années, bien au-delà d'une prise de parole ponctuelle. Depuis son passage à la Chambre des députés comme représentant de Pétion-Ville, il a fait de l'inclusion politique de la diaspora — droit de vote, représentation parlementaire, reconnaissance de la double nationalité — l'un des combats constants de son engagement public, au point d'avoir été honoré pour cette cause précise lors d'un rassemblement de la diaspora à Montréal.

Une conviction qu'il a résumée sans détour : « Les élections sont le passage obligé vers le retour à la norme constitutionnelle […] Des élections truquées et contestées ne feraient que détériorer la situation. » Il en tire une exigence double, qu'il porte tout aussi fermement : des élections qui se tiennent, et des élections qui soient crédibles — deux conditions qu'il refuse de voir opposées l'une à l'autre. Et il va plus loin encore, faisant de l'intégration réelle de la diaspora l'un des objectifs majeurs qu'il assigne à toute réforme constitutionnelle à venir, au même rang que la consolidation de l'État.

« Les élections sont le passage obligé vers le retour à la norme constitutionnelle […] Des élections truquées et contestées ne feraient que détériorer la situation. » — Jerry Tardieu.

Cette démarche dépasse la seule question technique d'un bulletin de vote supplémentaire. Pour des centaines de milliers d'Haïtiens de la diaspora — dont l'apport, année après année, compte parmi les piliers de l'économie du pays et le filet de sécurité de familles entières restées en Haïti — être tenu à l'écart des urnes revient à rester extérieur aux décisions qui engagent, pourtant, leur propre avenir et celui de leurs proches. Réclamer ce droit, ce n'est donc pas réclamer un privilège : c'est réclamer une cohérence, entre ce que la diaspora donne au pays et la voix qu'elle est en droit d'y faire entendre.

PORT-AU-PRINCE TIME salue une démarche qui, à raison, refuse de se satisfaire de promesses répétées d'un scrutin à l'autre. Il reste maintenant moins de six semaines pour que l'État haïtien transforme un droit constitutionnel en mécanisme réel — arrêté publié, centres d'inscription installés, modalités connues — et pour que la diaspora, de son côté, se mobilise et s'inscrive dès que la possibilité lui en sera donnée. Un pays qui a traversé tant d'épreuves ne peut plus se permettre de laisser une partie de son peuple, parce qu'il vit au loin, sans voix dans la construction de son propre avenir.

Sources

  1. Jerry Tardieu — page Facebook officielle
  2. Jerry Tardieu — « The Fight for Haiti's Diaspora : a conversation with Jerry Tardieu »
  3. Jerry Tardieu — « Haiti's diaspora must be allowed to vote » (vidéo)
  4. Jerry Tardieu — compte X (Twitter) officiel
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